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M. Fillon propose de supprimer les travaux personnels encadrés en terminale et au baccalauréat
Plusieurs syndicats dénoncent une régression. A quelques jours de la présentation de son projet de loi d'orientation sur l'éducation, François Fillon tente de donner des gages au SNES-FSU, le principal syndicat des enseignants de collège et de lycée. Le ministre de l'éducation a accepté de céder à une vieille revendication du SNES, en proposant de supprimer en terminale et au baccalauréat les travaux personnels encadrés (TPE), activités introduites par Claude Allègre en 1998 pour favoriser les recherches personnelles et interdisciplinaires des élèves.Le projet d'arrêté a été transmis aux organisations syndicales et doit être examiné le 2 décembre par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), instance chargée de donner l'avis des différents acteurs de l'éducation nationale.
Ce texte propose de supprimer, dès la rentrée de septembre 2005, les deux heures hebdomadaires réservées aux TPE en terminale. L'épreuve facultative de TPE au baccalauréat, que les élèves pouvaient choisir pour obtenir des points supplémentaires, serait supprimée à partir de la session de juin 2006. Le ministère explique que « la mesure proposée se traduira pour les élèves et leurs professeurs par un allégement de leur charge globale de travail au profit de la préparation de l'examen ».« Malgré l'intérêt pédagogique croissant qu'ils suscitent, les TPE sont ressentis en terminale comme une surcharge de travail l'année de l'examen », justifie le ministère. Ils sont maintenus en classe de première.
Cette décision a provoqué la colère des organisations qui avaient soutenu l'instauration des TPE par Claude Allègre en 1998. « François Fillon ne se contente plus de surfer sur la vague rétro, il planifie la régression, et les TPE, seule innovation pédagogique d'importance depuis dix ans au lycée, vont être engloutis, sacrifiés sur l'autel du bachotage », a réagi le secrétaire général du Syndicat des enseignants (UNSA-éducation), Luc Bérille. « La suppression des TPE renforce une conception à courte vue de la scolarité au lycée centrée sur les seuls savoirs disciplinaires. Voilà qui a de quoi inquiéter au moment où s'élabore la nouvelle loi d'orientation », a ajouté le SE.
« NON-SENS ÉDUCATIF »
La Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a également dénoncé le projet, dans un communiqué : « C'est une décision scandaleuse, un renoncement pédagogique, un non-sens éducatif au mépris des efforts entrepris depuis quatre ans par les jeunes et les enseignants. » « C'était une démarche qui instaurait des relations authentiques entre élèves et enseignants, fondées sur la coopération. A l'évidence, cette démarche est insupportable pour le ministre car elle est inconciliable avec sa conception élitiste et sélective de l'école », a affirmé la FCPE.
Sans avoir réagi officiellement, le SNES a adopté une position prudente. Si le syndicat a toujours contesté l'instauration des TPE, il n'entend pas apparaître comme un soutien de M. Fillon. « Notre inquiétude est que les moyens dégagés par la suppression des TPE ne soient pas restitués aux -autres- disciplines. Le ministère se place dans une logique d'économies budgétaires et non pas dans une réflexion sur l'organisation globale de l'enseignement », explique Frédérique Rollet, cosecrétaire générale du SNES. Le syndicat pourrait voter contre cette mesure lors du CSE.